Au-delà du constat, ces résultats apportent un enseignement clé : les attentes des clients évoluent et appellent un repositionnement du rôle du notaire, plus en amont du projet.
Pour comprendre les comportements et les risques côté particuliers, consultez notre analyse complète sur Immonot.
Premier enseignement : le modèle du "projet à deux" est largement idéalisé.
Si 51 % des couples déclarent décider à 50/50, la réalité opérationnelle diffère : dans 59 % des cas, une personne porte l’essentiel du projet. Cette asymétrie, rarement exprimée, peut générer incompréhensions et tensions dès les premières étapes.
Pour le notaire, l’enjeu est double :
L’accompagnement ne se limite pas ici à la rédaction d’un acte : il implique une vigilance sur l’équilibre du consentement et la clarté des décisions.
L’enquête confirme une réalité bien connue : les déséquilibres financiers sont fréquents… mais rarement encadrés.
Apports personnels non tracés, quotités d’assurance choisies par défaut, accords informels : ces pratiques fragilisent la sécurité juridique du montage.
Dans 51 % des cas, les couples optent pour un 50/50 en assurance, sans corrélation avec les apports réels.
Cela renforce le rôle du notaire sur plusieurs leviers :
Ces sujets, encore trop souvent abordés tardivement, gagneraient à être traités dès les premières discussions.
Le décalage est particulièrement marqué sur la question de la séparation.
Alors que 71 % des couples anticipent le décès, 62 % n’ont prévu aucun dispositif en cas de rupture : ni convention d’indivision, ni clause de rachat, ni scénario de sortie.
La rupture ne relève pas d’un cas marginal : elle constitue un risque patrimonial majeur.
Dans ce contexte, les différences de statut (mariés, pacsés, concubins) accentuent les écarts de protection. Les concubins restent particulièrement exposés en l’absence de cadre juridique protecteur.
Pour les notaires, l’enjeu est clair : intégrer la séparation comme un scénario de référence dans le conseil, et non comme une hypothèse exceptionnelle.
28 % des clients consultent le notaire uniquement à la signature, alors que plus d’un sur deux jugent utile de le faire plus tôt.
Ce décalage traduit à la fois :
« La mort est anticipée, la rupture reste taboue. Anticiper, formaliser et consulter le notaire plus tôt, c’est protéger à la fois le couple et le patrimoine. »
François-Xavier Duny, Président de Notariat Services
Les attentes évoluent : les clients ne recherchent plus seulement un cadre juridique sécurisé, mais un véritable accompagnement dans la structuration de leur projet.
Les résultats de l’enquête mettent en évidence une attente croissante d’accompagnement en amont.
Les particuliers souhaitent :
Cela suppose d’adapter les pratiques :
Le notaire dispose ici d’un levier fort pour renforcer sa valeur ajoutée et s’inscrire plus tôt dans le parcours immobilier.
Ces enseignements confirment une évolution de fond : les clients attendent désormais un accompagnement global, au-delà de la seule validation juridique finale.
Pour les études, plusieurs axes se dégagent :
Ce repositionnement s’inscrit dans une transformation plus large du marché immobilier, où le conseil devient un élément différenciant majeur.
L’achat immobilier à deux concentre des enjeux émotionnels, financiers et juridiques.
L’enquête le confirme : les couples s’engagent souvent avec confiance, mais sans anticiper les situations de rupture.
Pour les notaires, l’enjeu est double :
En intervenant plus tôt et en structurant davantage les projets, le notaire ne se contente pas de valider un acte : il contribue à la solidité du parcours client.
Pour approfondir ces enseignements du point de vue des particuliers, consultez notre enquête complète sur les couples et l’immobilier publiée sur Immonot.

