Marché immobilier mai 2026 : reprise à deux vitesses

Marché immobilier mai 2026 : reprise à deux vitesses
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Chaque trimestre, les notaires et négociateurs de terrain livrent leur lecture du marché via la tendance Immonot : baromètre de référence du notariat français. En mai 2026, leur verdict est clair : prix qui tiennent au-dessus de 300 000 €, correction persistante sur les biens mal classés au DPE ou nécessitant des travaux, demande plus sélective. Une réalité contrastée que confirment, en données complémentaires, les chiffres du Baromètre Meilleurs Agents. Ce que cela change pour les négociateurs en office notarial.

Ce qu'il faut retenir

• L'activité  progresse légèrement : 26 % des notaires constatent une hausse des  transactions fin février 2026, contre 21 % deux mois auparavant, mais les  perspectives s'assombrissent, avec seulement 9 % d'opinions favorables à une  hausse future.
• Une fracture de  marché s'installe : les biens au-dessus de 300 000 €, bien situés et bien  classés au DPE, résistent ; les biens sous ce seuil, nécessitant des travaux  ou mal notés énergétiquement, subissent des décotes significatives.
• La reprise est  géographiquement contrastée : zones rurales (+3,2 %) et Paris (+0,3 %) tirent  le marché, tandis que Bordeaux (−1,8 %) et Strasbourg (−2,9 %) poursuivent  leur ajustement. Prix moyen national : 3 114 €/m².
• Le crédit se  tend à nouveau : taux à 3,55 % sur 25 ans en avril 2026, en hausse de 16  points de base en un mois. Une nouvelle hausse de la BCE en juin n'est pas  exclue.
• Le conseil des  notaires est clair : vendre en priorité pour 77 % des répondants.  Emplacement, DPE et montage financier anticipé sont devenus les critères  déterminants.

26 %
des notaires observent
une hausse d'activité (vs 21 % deux mois avant)
3 114 €/m²
prix moyen national
(Meilleurs Agents, mai 2026)
–0,4 %
recul de l’Indice des Prix Immobiliers depuis janvier 2026
3,55 %
taux de crédit sur 25 ans
en avril 2026, +16 pts de base

Activité : une hausse réelle, des perspectives qui s'assombrissent

Fin février 2026, 26 % des correspondants notaires constatent une progression de leur activité transactionnelle, contre 21 % lors de la consultation précédente. Un signal positif, mais fragile. Les projections des notaires sur les prochains mois se dégradent sensiblement : le solde d'opinion favorable à une hausse future recule de 20 % à seulement 9 %.

Simultanément, 35 % des notaires anticipent une contraction des volumes — contre 56 % qui tablent sur une stabilisation. Une fracture nette s'installe selon les gammes de prix, que les professionnels de terrain observent au quotidien.

« Le marché des biens de plus de 300 000 € se maintient,tandis qu'une baisse de valeur semble affecter les biens situés en dessous de ce seuil. » Négociateur notarial, Loiret (45).

« Les biens s'accumulent sur le marché donc les prix baissent. Les produits avec travaux sont les plus compliqués à commercialiser.» Philippe Lechalier, négociateur – Office Carré d'Actes, Caveirac (30).

Le Baromètre Meilleurs Agents de mai 2026 le confirme. La reprise existe, mais elle est profondément hétérogène. Dans ces périodes de lecture difficile, le rôle du notaire devient central dans la décision d'achat ou de vente — un positionnement à renforcer dans la communication de l'étude.

Une reprise à deux vitesses : ce que disent les chiffres territoire par territoire

l'échelle nationale, l'Indice des Prix Immobiliers recule de0,4 % depuis janvier 2026, avec un prix moyen établi à 3 114 €/m². Ce mouvement révèle avant tout la profonde hétérogénéité du marché français.

Deux segments tirent leur épingle du jeu. Les zones rurales enregistrent une progression de +3,2 % depuis janvier, confirmant l'attractivité durable de marchés à prix plus accessibles. Paris poursuit une remontée progressive avec +0,3 %, prolongeant une dynamique engagée depuis le printemps 2024  après avoir été la ville la plus corrigée entre juillet 2022 et mars 2024 (−11,3 %).

Évolution des prix depuis janvier 2026

Zones rurales
+3,2 %
Nantes
+2,2 %
Lyon
+0,9 %
Rennes
+0,6 %
Paris
+0,3 %
Marseille
+0,2 %
Nice
−0,5 %
Bordeaux
−1,8 %
Strasbourg
−2,9 %

Source : Baromètre Meilleurs Agents, mai 2026

Pour les négociateurs, cette lecture est directement opérationnelle. Les marchés qui ont fortement corrigé (Nantes −15 %, Lyon−12 %, Rennes −9 % depuis 2022) amorcent un rattrapage. À l'inverse, Nice, qui n'avait pas subi la correction de 2022, réalise aujourd'hui son ajustement tardif.

ÎLE-DE-FRANCE : PARIS REPREND L'AVANTAGE SUR SA PÉRIPHÉRIE

Paris progresse de + 0,3 % depuis janvier et de +0,6 % sur un an. La petite couronne recule de 0,5 % (−0,7 % sur un an) et la grande couronne de 0,4 % (−1,3 % sur un an). Les acquéreurs dépendants du crédit — plus nombreux en périphérie — sont davantage freinés par la remontée des taux, ce qui ralentit mécaniquement la reprise hors Paris intramuros.

Prix : la pierre tient, mais les signaux de fragilisation s'accumulent

52 % des notaires anticipent une baisse des prix sur les deux prochains mois — quasi-stable par rapport à la consultation précédente (51 %). Seuls 4 % envisagent une hausse. La grande majorité (44 %) table sur une stabilité.

« Aucune lisibilité tellement c'est devenu complexe. » —Emmanuel Robert, négociateur – Étude Maître Arnaud Mangin, Rethel (08)
« On est sur un marché dynamique. » — Ludovic Hebert, négociateur – Office Mahe et Ruellan-Limare, Bolbec (76)

Ces deux lectures coexistent. Ce qui les départage, c'est essentiellement la localisation du bien, son état et de plus en plus, sa performance énergétique. Le DPE est devenu un critère de valorisation à part entière, que les négociateurs doivent maîtriser pour rédiger des annonces précises qui valorisent les atouts du bien.

Taux et financement : le retour de la pression sur le crédit

La guerre au Moyen-Orient a alimenté une hausse du pétrole : le baril de Brent est passé de 65 $ avant le conflit à 100 $ aujourd'hui,accélérant l'inflation et contraignant les établissements bancaires à revoir leurs barèmes.

Observatoire Crédit Logement / CSA
Ajustement à la baisse
Les banques ont réajusté leurs barèmes pour préserver la demande de crédit malgré les pressions inflationnistes.
Pretto – avril 2026
3,55 %
Taux sur 25 ans, en hausse de +16 points de base depuis mars. Une nouvelle hausse BCE en juin n'est pas exclue.

Si les taux d'emprunt progressent rapidement, ils pourraient se rapprocher du taux d'usure, exposant certains dossiers à des refus de prêt.Un argument supplémentaire pour anticiper le montage financier en amont et pour que le négociateur notarial positionne son expertise dès les premières discussions avec l'acquéreur.

Conseil des notaires : vendre d'abord, sélectionner les acquisitions

Face à une offre abondante et une demande plus sélective, 77 % des notaires recommandent de vendre en priorité avant tout nouvel investissement. Seuls 9 % conseillent d'acheter en premier (contre 5 % lors de la consultation précédente), signe que l'immobilier reste perçu comme une valeur-refuge.

« Forte demande de mises en ventes, nouveaux mandats,mais peu d'acheteurs en face. Les biens les plus délicats (mauvais DPE, problèmes d'emplacement, fortes nuisances) vont fortement baisser. »Négociateur notarial,Indre-et-Loire (37)

Exception à la règle : les terrains à bâtir. Leur rareté structurelle dicte une logique propre : seulement 52 % des notaires recommandent de vendre en priorité, 29 % préconisent d'attendre et 19 %d'acheter. Un marché de niche que les études peuvent valoriser via leur réseau de multidiffusion d'annonces immobilières notariales.

DPE et rénovation énergétique : le nouveau levier commercial des négociateurs notariaux

La crise énergétique amplifiée par le conflit au Moyen-Orient redistribue les cartes sur le marché. Les biens énergivores (classés F ou G)peinent à trouver preneurs, pendant que les logements bien isolés ou rénovés bénéficient d'une prime à la transaction. Le DPE n'est plus une case administrative à remplir : c'est un argument de vente, ou un obstacle à anticiper.

Le dispositif gouvernemental de leasing pour pompes à chaleur(PAC) ouvre des perspectives concrètes pour repositionner commercialement des biens initialement difficiles à vendre. Bien utilisé, cet argument peut transformer une passoire thermique en opportunité pour un acquéreur prêt à investir dans la transition énergétique de son futur logement.

« Le DPE est devenu l'un des premiers sujets que les acquéreurs abordent lors d'une visite. Les négociateurs qui savent l'expliquer, le contextualiser — et surtout proposer des solutions concrètes comme les aides à la rénovation ou le leasing PAC — font la différence. Ce n'est plus un frein à gérer en fin de négociation : c'est un levier à activer dès la mise en marché. Les études qui forment leurs équipes sur ces sujets captent des mandats que les autres laissent sur le bord de la route. » Nathalie Duny Directrice de la communication – Notariat Services

Cette maîtrise passe aussi par la capacité à bien qualifier les biens dès la prise de mandat, à rédiger des annonces qui valorisent les atouts énergétiques, et à diffuser rapidement sur les bons canaux. Des compétences que les formations professionnelles dédiées aux notaires et négociateurs permettent de développer concrètement, en lien avec les réalités du marché actuel.

Questions fréquentes (FAQ)

C'est quoi la Tendance du marché immobilier Immonot ?

Tous les deux mois, Immonot.com publie une analyse de tendance fondée sur une enquête menée auprès d'études notariales dans tout le pays. Initiée par le professeur Bernard Thion en 1998, elle constitue l'un des baromètres les plus anciens et les plus fiables du marché immobilier notarial français. Ses données sont issues directement du réseau des notaires-négociateurs de terrain ce qui en fait une source de référence pour la presse et les professionnels du notariat, reprise notamment par Les Échos.

Quelle est la tendance des prix immobiliers en France en mai 2026 ?

L'Indice des Prix Immobiliers recule de 0,4 % depuis janvier 2026, avec un prix moyen national à 3 114 €/m². La situation est très contrastée : les zones rurales progressent de +3,2 %, Paris de +0,3 %, tandis que Bordeaux (−1,8 %) et Strasbourg (−2,9 %) poursuivent leur ajustement.

Le conflit au Moyen-Orient affecte-t-il déjà le marché immobilier notarial ?

Pas encore de façon brutale, mais l'impact se manifeste via la hausse des carburants, l'inflation et la remontée des taux de crédit (3,55 % sur 25 ans en avril 2026). Les notaires-négociateurs observent une prudence accrue des acquéreurs et une accumulation des biens en stock, particulièrement sur les segments inférieurs à 300 000 €.

Le DPE influence-t-il vraiment le prix de vente d'un bien immobilier ?

Oui, et de façon de plus en plus marquée. Les biens classés F ou G sont les plus difficiles à vendre et subissent les décotes les plus fortes. À l'inverse, un bien bien classé ou ayant fait l'objet de travaux de rénovation énergétique bénéficie d'une prime à la transaction. Le DPE est désormais un critère de valorisation central pour le négociateur notarial.

Paris est-elle repartie à la hausse ?

Oui, Paris progresse de +0,3 % depuis janvier 2026 et de +0,6 % sur un an. Après avoir connu la correction la plus forte entre 2022 et 2024 (−11,3 %), Paris est la première grande ville à rebondir. La petite et grande couronne poursuivent en revanche leur ajustement dans un contexte de taux encore élevés.

Faut-il conseiller à ses clients de vendre ou d'acheter maintenant ?

77 % des notaires recommandent de vendre en priorité. Pour les acquisitions, la sélectivité est de mise : un bien bien situé, bien classé au DPE et correctement valorisé reste une bonne option de diversification patrimoniale. Pour les terrains à bâtir, la logique est différente en raison de leur rareté structurelle.

Les taux de crédit vont-ils continuer à monter en 2026 ?

Le risque est réel. Les taux sur 25 ans ont progressé de 16 points de base entre mars et avril 2026, à 3,55 %. Une nouvelle hausse des taux directeurs de la BCE en juin n'est pas exclue. Le déficit public français, toujours supérieur à 5 % du PIB, renforce par ailleurs la pression sur les taux souverains.

EN RÉSUMÉ POUR LES PROFESSIONNELS DU NOTARIAT

Le marché immobilier français de mai 2026 est celui d'une reprise à deux vitesses: Paris et les zones rurales tirent vers le haut, pendant que les périphéries urbaines et les biens sous 300 000 € continuent de s'ajuster. Dans ce contexte,le DPE et la rénovation énergétique s'imposent comme les nouveaux leviers commerciaux du négociateur notarial. Les études qui savent transformer ces sujets en argument de vente et s'appuyer sur des outils numériques adaptés prendront une longueur d'avance dans un marché qui récompense avant tout l'expertise terrain.

Sources

↗  Tendance du marché immobilier notarial  – Immonot.com
Consensus de marché  CEREFI par Bernard Thion, données fin février 2026

↗  Baromètre immobilier : une reprise à  deux vitesses – Meilleurs Agents
Analyse Dr.  Alexandra Verlhiac, économiste SeLoger-Meilleurs Agents, mai 2026

↗  Observatoire Crédit Logement / CSA
Tableau de bord  mensuel des taux et de la production de crédit immobilier

Auteur :
Nathalie Duny
|
Nathalie Duny
Directrice de la communication
Co-dirigeante de Notariat Services, Nathalie Duny œuvre depuis plus de 25 ans aux côtés des notaires pour renforcer leur visibilité et développer leurs stratégies digitales. Sensible à la musicalité des mots, elle aime partager son expérience à travers des articles dédiés à la communication, au marketing immobilier et à l’intelligence artificielle.

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