• L'activité progresse légèrement : 26 % des notaires constatent une hausse des transactions fin février 2026, contre 21 % deux mois auparavant, mais les perspectives s'assombrissent, avec seulement 9 % d'opinions favorables à une hausse future.
• Une fracture de marché s'installe : les biens au-dessus de 300 000 €, bien situés et bien classés au DPE, résistent ; les biens sous ce seuil, nécessitant des travaux ou mal notés énergétiquement, subissent des décotes significatives.
• La reprise est géographiquement contrastée : zones rurales (+3,2 %) et Paris (+0,3 %) tirent le marché, tandis que Bordeaux (−1,8 %) et Strasbourg (−2,9 %) poursuivent leur ajustement. Prix moyen national : 3 114 €/m².
• Le crédit se tend à nouveau : taux à 3,55 % sur 25 ans en avril 2026, en hausse de 16 points de base en un mois. Une nouvelle hausse de la BCE en juin n'est pas exclue.
• Le conseil des notaires est clair : vendre en priorité pour 77 % des répondants. Emplacement, DPE et montage financier anticipé sont devenus les critères déterminants.
Fin février 2026, 26 % des correspondants notaires constatent une progression de leur activité transactionnelle, contre 21 % lors de la consultation précédente. Un signal positif, mais fragile. Les projections des notaires sur les prochains mois se dégradent sensiblement : le solde d'opinion favorable à une hausse future recule de 20 % à seulement 9 %.
Simultanément, 35 % des notaires anticipent une contraction des volumes — contre 56 % qui tablent sur une stabilisation. Une fracture nette s'installe selon les gammes de prix, que les professionnels de terrain observent au quotidien.
« Le marché des biens de plus de 300 000 € se maintient,tandis qu'une baisse de valeur semble affecter les biens situés en dessous de ce seuil. » Négociateur notarial, Loiret (45).
« Les biens s'accumulent sur le marché donc les prix baissent. Les produits avec travaux sont les plus compliqués à commercialiser.» Philippe Lechalier, négociateur – Office Carré d'Actes, Caveirac (30).
Le Baromètre Meilleurs Agents de mai 2026 le confirme. La reprise existe, mais elle est profondément hétérogène. Dans ces périodes de lecture difficile, le rôle du notaire devient central dans la décision d'achat ou de vente — un positionnement à renforcer dans la communication de l'étude.
l'échelle nationale, l'Indice des Prix Immobiliers recule de0,4 % depuis janvier 2026, avec un prix moyen établi à 3 114 €/m². Ce mouvement révèle avant tout la profonde hétérogénéité du marché français.
Deux segments tirent leur épingle du jeu. Les zones rurales enregistrent une progression de +3,2 % depuis janvier, confirmant l'attractivité durable de marchés à prix plus accessibles. Paris poursuit une remontée progressive avec +0,3 %, prolongeant une dynamique engagée depuis le printemps 2024 après avoir été la ville la plus corrigée entre juillet 2022 et mars 2024 (−11,3 %).
Source : Baromètre Meilleurs Agents, mai 2026
Pour les négociateurs, cette lecture est directement opérationnelle. Les marchés qui ont fortement corrigé (Nantes −15 %, Lyon−12 %, Rennes −9 % depuis 2022) amorcent un rattrapage. À l'inverse, Nice, qui n'avait pas subi la correction de 2022, réalise aujourd'hui son ajustement tardif.
ÎLE-DE-FRANCE : PARIS REPREND L'AVANTAGE SUR SA PÉRIPHÉRIE
Paris progresse de + 0,3 % depuis janvier et de +0,6 % sur un an. La petite couronne recule de 0,5 % (−0,7 % sur un an) et la grande couronne de 0,4 % (−1,3 % sur un an). Les acquéreurs dépendants du crédit — plus nombreux en périphérie — sont davantage freinés par la remontée des taux, ce qui ralentit mécaniquement la reprise hors Paris intramuros.
52 % des notaires anticipent une baisse des prix sur les deux prochains mois — quasi-stable par rapport à la consultation précédente (51 %). Seuls 4 % envisagent une hausse. La grande majorité (44 %) table sur une stabilité.
« Aucune lisibilité tellement c'est devenu complexe. » —Emmanuel Robert, négociateur – Étude Maître Arnaud Mangin, Rethel (08)
« On est sur un marché dynamique. » — Ludovic Hebert, négociateur – Office Mahe et Ruellan-Limare, Bolbec (76)
Ces deux lectures coexistent. Ce qui les départage, c'est essentiellement la localisation du bien, son état et de plus en plus, sa performance énergétique. Le DPE est devenu un critère de valorisation à part entière, que les négociateurs doivent maîtriser pour rédiger des annonces précises qui valorisent les atouts du bien.
La guerre au Moyen-Orient a alimenté une hausse du pétrole : le baril de Brent est passé de 65 $ avant le conflit à 100 $ aujourd'hui,accélérant l'inflation et contraignant les établissements bancaires à revoir leurs barèmes.
Si les taux d'emprunt progressent rapidement, ils pourraient se rapprocher du taux d'usure, exposant certains dossiers à des refus de prêt.Un argument supplémentaire pour anticiper le montage financier en amont et pour que le négociateur notarial positionne son expertise dès les premières discussions avec l'acquéreur.
Face à une offre abondante et une demande plus sélective, 77 % des notaires recommandent de vendre en priorité avant tout nouvel investissement. Seuls 9 % conseillent d'acheter en premier (contre 5 % lors de la consultation précédente), signe que l'immobilier reste perçu comme une valeur-refuge.
« Forte demande de mises en ventes, nouveaux mandats,mais peu d'acheteurs en face. Les biens les plus délicats (mauvais DPE, problèmes d'emplacement, fortes nuisances) vont fortement baisser. »Négociateur notarial,Indre-et-Loire (37)
Exception à la règle : les terrains à bâtir. Leur rareté structurelle dicte une logique propre : seulement 52 % des notaires recommandent de vendre en priorité, 29 % préconisent d'attendre et 19 %d'acheter. Un marché de niche que les études peuvent valoriser via leur réseau de multidiffusion d'annonces immobilières notariales.
La crise énergétique amplifiée par le conflit au Moyen-Orient redistribue les cartes sur le marché. Les biens énergivores (classés F ou G)peinent à trouver preneurs, pendant que les logements bien isolés ou rénovés bénéficient d'une prime à la transaction. Le DPE n'est plus une case administrative à remplir : c'est un argument de vente, ou un obstacle à anticiper.
Le dispositif gouvernemental de leasing pour pompes à chaleur(PAC) ouvre des perspectives concrètes pour repositionner commercialement des biens initialement difficiles à vendre. Bien utilisé, cet argument peut transformer une passoire thermique en opportunité pour un acquéreur prêt à investir dans la transition énergétique de son futur logement.
« Le DPE est devenu l'un des premiers sujets que les acquéreurs abordent lors d'une visite. Les négociateurs qui savent l'expliquer, le contextualiser — et surtout proposer des solutions concrètes comme les aides à la rénovation ou le leasing PAC — font la différence. Ce n'est plus un frein à gérer en fin de négociation : c'est un levier à activer dès la mise en marché. Les études qui forment leurs équipes sur ces sujets captent des mandats que les autres laissent sur le bord de la route. » Nathalie Duny Directrice de la communication – Notariat Services
Cette maîtrise passe aussi par la capacité à bien qualifier les biens dès la prise de mandat, à rédiger des annonces qui valorisent les atouts énergétiques, et à diffuser rapidement sur les bons canaux. Des compétences que les formations professionnelles dédiées aux notaires et négociateurs permettent de développer concrètement, en lien avec les réalités du marché actuel.
EN RÉSUMÉ POUR LES PROFESSIONNELS DU NOTARIAT
Le marché immobilier français de mai 2026 est celui d'une reprise à deux vitesses: Paris et les zones rurales tirent vers le haut, pendant que les périphéries urbaines et les biens sous 300 000 € continuent de s'ajuster. Dans ce contexte,le DPE et la rénovation énergétique s'imposent comme les nouveaux leviers commerciaux du négociateur notarial. Les études qui savent transformer ces sujets en argument de vente et s'appuyer sur des outils numériques adaptés prendront une longueur d'avance dans un marché qui récompense avant tout l'expertise terrain.
↗ Tendance du marché immobilier notarial – Immonot.com
Consensus de marché CEREFI par Bernard Thion, données fin février 2026
↗ Baromètre immobilier : une reprise à deux vitesses – Meilleurs Agents
Analyse Dr. Alexandra Verlhiac, économiste SeLoger-Meilleurs Agents, mai 2026
↗ Observatoire Crédit Logement / CSA
Tableau de bord mensuel des taux et de la production de crédit immobilier

