• La revalorisation forfaitaire des bases cadastrales, limitée à +0,8 % en 2026, pourrait approcher3 % en 2027 selon les projections de l'Insee sur l'IPCH.
• Une réforme distincte vise 7,4 millions de logements déclarés sans certains éléments de confort, avec une hausse moyenne estimée à 63 € par logement concerné.
• Cette réforme reste facultative : chaque commune doit notifier son choix à la DDFIP avant fin septembre 2026 pour une application en 2027.
• Un mécanisme de lissage,prévu à l'article 1518 A quinquies A du CGI, limite à un sixième par an l'impact d'une nouvelle valeur locative plus élevée.
• Plusieurs vérifications simples, caractéristiques du bien, coefficient d'entretien, travaux déclarés,permettent d'éviter une surtaxation avant l'échéance de paiement.
Après une hausse de 0,8 % en 2026, la plus faible depuis 2021, la taxe foncière 2027 pourrait repartir nettement à la hausse sous l'effet combiné d'une revalorisation nationale plus forte et d'une réforme ciblée sur les logements sous taxés.
Chaque année, les valeurs locatives cadastrales, base de calcul de la taxe foncière,sont revalorisées automatiquement en fonction de l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) constaté en novembre de l'année précédente. Ce coefficient a fortement varié ces dernières années : +7,1 % en 2023, +3,9 % en2024, +1,7 % en 2025, puis seulement +0,8 % en 2026. Pour 2027, les projections de l'Insee évoquent une progression de l'IPCH proche de 2,9 % en novembre 2026,ce qui porterait la revalorisation forfaitaire aux alentours de 3 %.
Une note de Bercy datée du 27 février 2026 vise 7,4 millions de logements déclarés sans certains éléments de confort, eau courante, chauffage, sanitaires, alors qu'ils en disposent réellement, avec une hausse moyenne estimée à 63 € par logement concerné.
Les bases fiscales actuelles s'appuient sur des déclarations parfois anciennes. Un logement enregistré sans eau courante, sans WC, sans douche ou sans chauffage bénéficie mécaniquement d'une valeur locative plus faible, même si ces équipements ont depuis été installés. La réforme vise à corriger cet écart sur7,4 millions de logements du parc français, qui en compte environ 36 millions.Elle pourrait générer près de 470 millions d'euros de recettes supplémentaires pour les collectivités.
Cette actualisation n'est toutefois pas automatique. Les communes qui souhaitent l'appliquer doivent en informer la Direction départementale des finances publiques avant fin septembre 2026, pour une entrée en vigueur sur la taxe foncière payable en 2027. Une commune qui ne se prononce pas cette année pourra le faire ultérieurement. Les propriétaires concernés seront informés directement via leur espace sécurisé sur impots.gouv.fr.
Pour éviter un choc fiscal brutal, la loi de finances instaure un lissage pluriannuel : si la nouvelle valeur locative est supérieure à l'ancienne, seul un sixième de l'écart s'applique dès 2027, le reste étant étalé.
Ce dispositif, codifié à l'article 1518 A quinquies A du Code général des impôts,atténue l'effet des révisions les plus importantes. Il n'empêche pas la hausse,il l'échelonne. La majorité des propriétaires concernés par la réforme des éléments de confort, ou par une revalorisation générale plus marquée en 2027,doivent donc s'attendre à une progression progressive de leur taxe foncière sur plusieurs exercices plutôt qu'à un rattrapage en une seule fois.
Au-delà des bases, le taux voté par chaque commune détermine le montant final de l'impôt. En 2026, 13,6 % des communes ont déjà relevé leur taux de foncier bâti, une tendance qui pourrait s'accentuer en 2027.
La stabilité domine globalement le paysage fiscal local : 85,8 % des communes ont reconduit leur taux à l'identique en 2026, et le taux communal moyen de foncier bâti s'établit autour de 36 %. Mais les écarts entre communes restent marqués.Aucune des trente-six plus grandes villes de France n'a augmenté son taux de foncier bâti en 2026, selon une analyse de la legaltech Orka.tax fondée sur les données de la DGFiP, alors que plusieurs petites communes ont voté des hausses spectaculaires, certaines de plus de 50 %. La définition de la valeur locative cadastrale, base servant au calcul de la taxe foncière, figure dans le lexique dédié aux professionnels du notariat(solutions.notariat-services.com/le-lexique).
Avant l'échéance de paiement, plusieurs vérifications simples permettent d'éviter les erreurs de calcul : exactitude des caractéristiques du logement, coefficient d'entretien, déclaration des travaux, exonérations, dégrèvement en cas de vacance locative, et fiabilité du prélèvement bancaire.
Dans un contexte de hausse annoncée pour 2027, ces points de contrôle deviennent un vrai service de conseil que le négociateur immobilier peut relayer auprès de ses clients propriétaires.
La hausse attendue de la taxe foncière en 2027 devient un critère de plus dans la décision d'achat, en particulier pour les biens rénovés ou situés en zone attractive, ce qui renforce le rôle de conseil du négociateur notarial.
Les propriétaires de logements réhabilités ou situés dans des quartiers devenus attractifs figurent parmi les plus concernés par le rattrapage fiscal. Pour les négociateurs immobiliers, intégrer cette donnée dès la visite, au moment de rédiger le compte rendu de visite, permet d'anticiper les questions des acquéreurs et de sécuriser la négociation. Les outils comme le logiciel de négociation immobilière Immonot Pro Premium ou le site immobilier des notaires de France immonot.com aident les études à valoriser ce niveau d'information dans leurs mandats. Les équipes qui suivent une formation dédiée à l’immobilier gagnent en réactivité face à ces évolutions annuelles, un sujet également traité dans le magazine Services Négo.
« La taxe foncière est devenue un sujet que les acquéreurs posent systématiquement en visite. Un négociateur capable d'expliquer la mécanique de revalorisation et d'anticiper l'impact 2027 rassure et sécurise la négociation. C'est un vrai levier de différenciation dans un marché où chaque euro de charge compte. » NathalieDuny, directrice de la communication,Notariat Services
La taxe foncière 2027 combine deux moteurs de hausse : une revalorisation nationale des bases qui pourrait approcher 3 %, et une réforme locale et facultative pouvant ajouter 63 € en moyenne pour 7,4 millions de logements. Un mécanisme de lissage étale l'impact des révisions les plus fortes, mais la tendance de fond reste haussière, portée aussi par les taux communaux. Des vérifications simples, comme les caractéristiques du bien, le coefficient d'entretien, les travaux déclarés, les exonérations, le dégrèvement en cas de vacance, et le prélèvement bancaire, permettent d'éviter les erreurs avant paiement. Pour les notaires et les négociateurs immobiliers, ce sujet devient un argument de conseil à intégrer dès la mise en marché d'un bien, au même titre que le DPE ou le financement.
Sources
• Immonot.com — Taxe foncière : une réforme pourrait augmenter l'impôt de certains logements dès 2027
• Journal de l'Agence — Taxe foncière : après une hausse contenue en 2026, à quoi faut-il s'attendre en 2027
• La finance pour tous — Données DGFiP sur la taxe foncière 2026

