Le volume de transactions se redresse depuis 2024, mais les prévisions pour 2026 ont été revues à la baisse et les critères d'octroi de crédit restent stricts.
Après une année 2025 marquée par une reprise nette (940 000 transactions, contre 845 000 en 2024), la Fédération nationale de l'immobilier a revu ses prévisions pour 2026. Elle table désormais sur 900 000 à 920 000 ventes, contre 960 000 à 980 000 envisagées en début d'année.
Ce tassement s'explique en partie par la remontée des taux directeurs de la Banque centrale européenne, qui a relevé son taux de 0,25 point le 11 juin 2026. Les taux de crédit se maintiennent néanmoins à des niveaux raisonnables, autour de 3,3 % à 3,4 % sur 20 ans, mais les conditions d'octroi restent strictes, ce qui pèse directement sur la manière dont les projets d'achat se qualifient en amont.
La vérification du financement tend à s'imposer de plus en plus tôt dans le parcours d'achat, avant même la visite du bien.
Un phénomène retient l'attention des professionnels, aussi bien en agence qu'en office notarial : la multiplication des visites sans intention d'achat réelle, qui mobilisent du temps pour le vendeur comme pour celui qui l'accompagne, sans jamais déboucher sur une vente.
Cette évolution traduit un changement de fond : le financement n'est plus seulement une étape qui suit le coup de cœur, il tend à devenir un critère de qualification du projet, au même titre que le budget ou la localisation recherchée. Pour le négociateur immobilier, cela peut se traduire par un échange plus tôt avec l'acquéreur sur l'état d'avancement de son financement, sans que cela doive devenir un préalable systématique à toute visite.
Les primo-accédants pèsent désormais presque autant que les secundo-accédants dans la production de crédits, un rapport de force inversé par rapport à 2020.
Les données de la Banque de France montrent une recomposition profonde du marché. Sur la production de crédits à l'habitat hors renégociation, les primo-accédants atteignent désormais 44,6 %, contre 38,7 % pour les secundo-accédants. En 2020, le rapport de force était inversé : 26 % contre 53 %.
Ce basculement s'explique en partie par l'inertie des ménages déjà propriétaires, qui ont profité de taux très bas entre 2017 et 2022 et hésitent à revendre pour racheter à un coût supérieur. Une situation qui pèse sur la fluidité du marché, puisque ce sont traditionnellement ces ménages qui alimentent la chaîne des transactions en libérant des biens.
Intégrer plus tôt la question du financement permet à l'étude de sécuriser la transaction, sans se substituer au rôle de la banque.
Pour les études qui accompagnent des transactions immobilières, cette évolution invite à intégrer la question du financement plus tôt dans le parcours de l'acquéreur, avant même la signature d'une offre d'achat ou d'un compromis de vente. Vérifier la cohérence entre le projet et la capacité d'emprunt réelle du candidat permet d'éviter des semaines de négociation qui n'aboutissent finalement pas, une situation qui fragilise la confiance entre le vendeur et son étude.
Cette vigilance s'inscrit dans le rôle de sécurisation que le notaire exerce déjà sur l'ensemble de la transaction. Il ne s'agit pas de se substituer à la banque : le notaire éclaire l'acquéreur et le vendeur sur la solidité réelle d'un projet, avant d'engager du temps et des démarches.
Comme le souligne Nathalie Duny, directrice de la communication de Notariat Services : « Le rôle du notaire n'est pas d'ajouter une étape au parcours d'achat, mais de sécuriser un projet qui se construit dans un marché plus exigeant. »
La vente notariale interactive intègre nativement la vérification du financement, sans avoir besoin de filtrer les visites en amont.
La vente notariale interactive, telle que pratiquée via 36 HEURES iMMO, illustre une manière différente de traiter cette question du financement. Elle mobilise le critère du financement pour concentrer les candidatures sérieuses sur une fenêtre resserrée de participation, dans un cadre encadré par l'étude notariale, sans avoir besoin de filtrer les visiteurs en amont.
Les visites sont regroupées sur une période courte, et la participation à la vente proprement dite suppose que le candidat ait validé sa capacité de financement ou apporté une garantie financière. L'objectif est de s'assurer que ceux qui vont jusqu'au bout du processus sont en mesure de conclure. Cette logique a d'ailleurs été mise en lumière récemment par un reportage de M6 consacré à cette méthode de vente.
Pour l'acquéreur comme pour le vendeur, cette exigence n'est pas vécue comme une contrainte isolée : elle fait partie d'un processus que l'étude accompagne de bout en bout, de l'organisation des visites jusqu'à la signature.

