DPE 2026 : nouveau coefficient et retour des passoires à la location

DPE 2026 : nouveau coefficient et retour des passoires à la location
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Le gouvernement prépare simultanément deux réformes majeures du DPE : abaisser le coefficient de conversion de l'électricité de 1,9 à 1,7, ce qui reclasserait 382 000 logements supplémentaires hors passoire sans aucun travaux ; et autoriser à nouveau la location des logements F et G sous engagement de travaux, via un projet de loi examiné au Parlement à l'été 2026. Ces deux évolutions simultanées concernent jusqu'à 700 000 logements locatifs. Pour les études notariales, elles redessinent les obligations d'information, la valeur des mandats et la stratégie de conseil auprès des vendeurs, acquéreurs et bailleurs.

Ce qu'il faut retenir

• Le coefficient CEP  de l'électricité devrait passer de 1,9 à 1,7 : 382 000 logements F/G  reclassés sans travaux
• Un projet de loi  logement prévoit le retour à la location des passoires F et G sous engagement  de travaux : 3 ans maisons, 5 ans copropriétés.
• 650 000 à 700 000  logements pourraient revenir sur le marché locatif d'ici 2028
• Le texte doit être  examiné en première lecture au Parlement à l'été 2026, à l'initiative du  Premier ministre Sébastien Lecornu
• Reclassement  administratif ne signifie pas baisse des factures : les occupants paieront la  même somme

1,7 Futur coefficient CEP
électricité (contre 1,9
depuis jan. 2026)
382 000 Logements reclassés si
CEP → 1,7, sans travaux
(Kmo, 2026)
700 000 Logements F/G
susceptibles de revenir à
la location d’ici 2028
Été 2026 Examen du projet de loi
logement au Parlement

Le coefficient CEP : le paramètre discret qui fait basculer des centaines de milliers d'étiquettes

Dans le calcul du DPE, l'électricité est convertie en énergie primaire via un coefficient (CEP). Fixé à 1,9 depuis janvier 2026, il pénalise les logements à chauffage électrique. En l'abaissant à 1,7, le gouvernement améliore mécaniquement des centaines de milliers d'étiquettes — sans qu'un seul euro de travaux soit engagé.

Pour le gaz ou le fioul, le coefficient de conversion est fixé à 1. Pour l'électricité, il intègre les pertes liées à la production, au transport et à la distribution. Longtemps fixé à 2,58, il a été abaissé à 2,3 en 2021, puis à1,9 au 1er janvier 2026. Cette dernière baisse a sorti environ 850 000 logements du statut de passoire thermique selon Bercy, portant le total à environ 1,5 million de reclassements depuis 2021 — soit 37 % du parc de passoires françaises.

Le gouvernement justifie une nouvelle baisse vers 1,7 par le faible niveau d'émissions carbone de l'électricité française. Dans son plan d'électrification d'avril 2026, il indique que "le cadre européen permet d'abaisser ce facteur jusqu'à environ 1,7" et qu'une telle évolution "améliorerait l'étiquette DPE de millions de logements chauffés à l'électrique". Selon l'étude de Krno (mai 2026), 382 000 logements supplémentaires sortiraient ainsi du classement F ou G.

DÉFINITION — COEFFICIENT DE CONVERSION CEP
Le coefficient d'énergie primaire (CEP)est le facteur appliqué à chaque source d'énergie dans le calcul du DPE. Il convertit la consommation finale en énergie primaire en tenant compte des pertes de production et de distribution. Pour l'électricité, sa valeur actuelleest de 1,9 (depuis janvier 2026). Sa prochaine valeur envisagée est de 1,7 ; la FNAIM milite pour 1,5 ; l'hypothèse européenne à long terme serait de 1,0.
Coefficient CEP Date Logements reclassés Source
2,58 → 2,3 Juillet 2021 Inclus dans le cumul 1,5 M Bercy
2,3 → 1,9 1er janv. 2026 ~850 000 (cumul ~1,5 M depuis 2021) Bercy, mai 2026
1,9 → 1,7 (en préparation) Prévu 2026 382 000 supplémentaires Krno, mai 2026
Scénario 1,5 (FNAIM) Proposition Estimation non publiée FNAIM, 2026
Scénario 1,0 (piste UE) Hypothèse long terme 2,28 millions supplémentaires Krno, mai 2026

Retour encadré des passoires F et G à la location : ce que prépare le gouvernement

En parallèle de la réforme du coefficient, le Premier ministre Sébastien Lecornu prépare un projet de loi logement qui autoriserait à nouveau la location des passoires F et G sous engagement formel de travaux, avec des délais différenciés. Le texte sera examiné au Parlement à l'été 2026.

Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus être remis en location. Les logements F devaient suivre en 2028. Face au risque de voir disparaître des centaines de milliers de biens du parc locatif, dans un marché où, selon une étude Jinka, les studios parisiens reçoivent jusqu'à 40 messages par annonce, soit +82 % en un an, l'exécutif change de cap.

Le dispositif envisagé repose sur un principe simple : autoriser la location, à condition que le propriétaire s'engage formellement à améliorer la performance énergétique du logement dans un calendrier précis et contraignant, assorti de sanctions en cas de non-respect. Selon le ministère du Logement (Vincent Jeanbrun), entre 650 000 et 700 000 logements pourraient ainsi revenir sur le marché d'ici 2028.

CE QUE PRÉVOIT LE PROJET DE LOI LOGEMENT
Délais de travaux : 3 ans pour les maisons individuelles, 5 ans pour les logements en copropriété. Le texte prévoit aussi l'extension du statut du bailleur privé aux maisons anciennes, un seuil de travaux abaissé de 30 % à 20 % du prix d'acquisition, et des mesures de décentralisation confiant aux intercommunalités la gestion de MaPrimeRénov' et des aides à la rénovation énergétique.
Janv. 2025 Interdiction de louer les logements classés G+ entrée en vigueur
Avril 2026 Annonce du plan d'électrification : baisse du CEP vers 1,7 envisagée
21 mai 2026 Assises du diagnostic immobilier : annonce du projet de loi logement par S. Lecornu
Été 2026 Examen du projet de loi en première lecture au Parlement
2028 Jusqu'à 700 000 logements F/G susceptibles de revenir sur le marché locatif

Les réactions du secteur : pragmatisme, scepticisme et alertes sociales

L'assouplissement envisagé divise profondément les acteurs du secteur. Professionnels de l'immobilier, spécialistes de la rénovation et défenseurs des locataires ne lisent pas les mêmes risques dans ces deux réformes simultanées.
FNAIM — Loïc Cantin, président
"On ne peut pas se priver de centaines de milliers de logements dans le contexte actuel de pénurie. L'assouplissement des conditions de travaux est de nature à redonner de la visibilité et de la confiance." Soutient la réforme depuis plus de 3 ans, milite pour un coefficient à 1,5.
Jinka — Marc Lebel, CEO
"Interdire de louer des logements sur un mauvais critère est contre-productif. On ne résout pas une crise de la location en réduisant l'offre." Cite une hausse de +82 % des messages par annonce sur les studios parisiens en un an.
PAP — Corinne Jolly, présidente
"Reconnaître que l'interdiction était intenable, c'est un premier pas. Mais remplacer une mauvaise loi par une loi compliquée, ce n'est pas une solution." Dispositif jugé trop lourd, trop technique, déconnecté des réalités terrain.
Collectif Rénovons
"L'obligation claire est remplacée par une promesse conditionnelle : c'est un recul." Sans contrôle strict, risque d'effets d'aubaine. "Une garantie sans contrôle effectif, ce n'est pas une garantie, c'est une intention."

Derrière ces positions contradictoires, une réalité sociale apparaît : le reclassement administratif ne change rien à la vie quotidienne des occupants. Les factures resteront identiques, le confort thermique inchangé. Pour les locataires dont le logement sort des classes F ou G, la levée du gel des loyers peut intervenir sans qu'aucune amélioration réelle n'ait été réalisée.

Ce que ces deux réformes changent concrètement pour les études notariales

Pour les négociateurs notariaux, le cumul de ces deux réformes crée une fenêtre d'opportunité commerciale inédite : des mandats gelés redeviennent liquides, la demande de conseil DPE s'intensifie, et les études qui maîtrisent ces évolutions captent davantage de clients sur des dossiers complexes.

À la vente, les biens reclassés de F/G en E peuvent à nouveau être présentés sans l'obligation d'audit énergétique préalable dans certains cas. Leur valeur marchande peut progresser, mais les acquéreurs restent attentifs au DPE réel,conscients de la décote à la revente sur les logements mal isolés en pratique.

À la location, le retour encadré des passoires rouvre des mandats de gestion locative jusqu'ici bloqués. Les bailleurs devront s'engager sur des travaux assortis d'un calendrier contraignant. Le négociateur notarial devient un interlocuteur stratégique pour les orienter vers MaPrimeRénov', l'éco-prêt à taux zéro, les CEE et, selon CAFPI, pour structurer le financement global (prêt immobilier avec enveloppe travaux, rachat de crédits).

OPPORTUNITÉS POUR LES ÉTUDES
  • 700 000 logements F/G susceptibles de revenir sur le marché locatif d’ici 2028
  • Des mandats de vente débloqués sur des biens reclassés
  • Demande accrue de conseil DPE de la part des bailleurs et investisseurs
  • Levier de différenciation face aux agences traditionnelles
POINTS DE VIGILANCE
  • Instabilité réglementaire forte : coefficient et règles de location peuvent encore évoluer
  • Décalage entre étiquette et réalité énergétique à expliquer clairement aux clients
  • Risque de contentieux si un acquéreur se retrouve avec un bien reclassé administrativement mais énergivore en pratique

Les études doivent mettre à jour leurs annonces sur leur logiciel de négociation comme Immonot Pro Premium dès l'entrée en vigueur officielle des nouvelles étiquettes. La multidiffusion des annonces notariales permettra de repositionner rapidement les biens reclassés. L’accompagnement de Notariat Services et leurs solutions doté d’IA permettent aux équipes de suivre les évolutions réglementaires en temps réel et de préparer des argumentaires à jour pour chaque type de client.

Pour objectiver le discours auprès des clients, les études peuvent s'appuyer sur la tendance du marché immobilier Immonot : baromètre de référence du notariat français, initié parle professeur Bernard Thion en 1998 qui documente tous les 2 mois l'impact des évolutions réglementaires du DPE sur les prix de vente et la durée des transactions.

« Le DPE est passé de  document obligatoire à sujet de conseil stratégique. Dans un marché sous  pression réglementaire, les études notariales qui savent distinguer  reclassement administratif et amélioration réelle, et qui accompagnent leurs  clients bailleurs sur les travaux à engager, captent les mandats complexes  que les autres laissent passer. C'est exactement le type de valeur ajoutée  qui fidélise sur le long terme. »
Nathalie  Duny, Directrice de la communication, Notariat Services.

FAQ — DPE, coefficient CEP et passoires thermiques

Qu'est-ce que le coefficient CEP et pourquoi son abaissement change-t-il autant de classements DPE ?

Le coefficient d'énergie primaire (CEP) est le facteur appliqué à l'électricité pour convertir la consommation finale en énergie primaire dans le calcul du DPE. Fixé à 1,9 depuis janvier 2026, il pénalise les logements à chauffage électrique par rapport à ceux chauffés au gaz (coefficient 1). En l'abaissant à 1,7, le gouvernement améliore mécaniquement l'étiquette de centaines de milliers de logements, justifiant cette mesure par le faible niveau d'émissions carbone de l'électricité française.

Combien de logements sont concernés par la réforme du coefficient CEP et le retour à la location ?

Deux chiffres distincts : 382 000 logements supplémentaires sortiraient du statut de passoire thermique si le coefficient passe à 1,7 (Krno, mai 2026) sans aucun travaux. Par ailleurs, entre 650 000 et 700 000 logements F et G pourraient revenir sur le marché locatif d'ici 2028 grâce au retour encadré à la location.

Quelles sont les conditions du retour à la location des passoires thermiques F et G ?

Le dispositif du projet de loi logement de Sébastien Lecornu conditionne la remise en location à un engagement formel de travaux de rénovation énergétique, assorti d'un calendrier précis et de sanctions en cas de non-respect. Délais prévus : 3 ans pour les maisons individuelles et 5 ans pour les logements en copropriété. Le texte doit être examiné en première lecture au Parlement à l'été 2026.

Un logement reclassé grâce au nouveau coefficient consomme-t-il vraiment moins d'énergie ?

Non. La reclassification est purement administrative : elle résulte d'un changement de méthode de calcul, pas d'une amélioration physique du bâtiment. L'occupant paiera la même facture énergétique. La compréhension du DPE pourrait être brouillée. Et certains locataires pourraient même perdre des droits : la levée du gel des loyers peut intervenir sans qu'aucun travaux n'ait été réalisé.

Comment une étude notariale doit-elle adapter son conseil face à ces deux réformes simultanées ?

À la vente : distinguer clairement pour l'acquéreur si la classe énergétique résulte d'un reclassement administratif ou de travaux effectifs, et anticiper la décote résiduelle.
À la location : accompagner les bailleurs dans la compréhension de leurs nouvelles obligations, les orienter vers les dispositifs d'aide (MaPrimeRénov', éco-PTZ, CEE) et veiller à la mise à jour des annonces Immonot Pro Premium dès l'entrée en vigueur des nouvelles étiquettes.

Y a-t-il un risque pour les investisseurs qui misent sur des passoires thermiques en 2026 ?

Oui, mais calculable. Les passoires affichent souvent des décotes significatives et une rénovation bien menée crée de la valeur à la revente. Mais le coût des travaux peut être sous-estimé et les exigences réglementaires peuvent encore évoluer. La recommandation : structurer le financement en amont (prêt immobilier avec enveloppe travaux, rachat de crédits) et intégrer le coût des travaux dans le plan de financement dès le départ.

En résumé pour les professionnels du notariat

• Le futur coefficient de 1,7 va reclasser 382 000 logements hors passoire thermique sans travaux.
• Un projet de loi examiné à l'été 2026 prévoit le retour encadré à la location des biens F et G(3 ans pour les maisons / 5 ans pour les copropriétés).
• 650 000 à 700 000 logements pourraient revenir sur le marché locatif d'ici 2028.
• Reclassement administratif ne signifie pas baisse des factures : la pédagogie client est un levier de crédibilité
• Les études doivent mettre à jour leurs annonces sur le logiciel de négociation Immonot Pro Premium et former leurs équipes à ces deux évolutions simultanées.
• Le conseil DPE est désormais un levier de captation de mandats complexes — vendeur, acquéreur et bailleur.

SOURCES

→  Immonot.com — Passoires énergétiques :vers un retour encadré de la location →  MySweetImmo — Passoires : la location bientôt autorisée à nouveau ? →  CAFPI — Passoires thermiques : vers un retour possible à la location dès 2026 (1er mai 2026) →  Notariat Services — Marché immobilier mai2026 : reprise à deux vitesses →  Notariat Services — Pouvoir d'achat, gaz et immobilier sous pression (mai 2026)

Nathalie Duny
Directrice de la communication
Co-dirigeante de Notariat Services, Nathalie Duny œuvre depuis plus de 25 ans aux côtés des notaires pour renforcer leur visibilité et développer leurs stratégies digitales. Sensible à la musicalité des mots, elle aime partager son expérience à travers des articles dédiés à la communication, au marketing immobilier et à l’intelligence artificielle.
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