60 % des notaires interrogés constatent une baisse des prix, contre 52 % au printemps. Les biens correctement évalués continuent à trouver acquéreur, tandis que les prix trop ambitieux allongent la durée de commercialisation.
L’offre reste présente. Cyril Guerinot, négociateur au sein de la SCP Depoisson, Royer et Nicolas à Bar-sur-Aube (10), indique être régulièrement sollicité pour de nouvelles mises en vente, y compris à une période habituellement moins propice.
Les vendeurs semblent aussi accepter plus facilement les ajustements nécessaires. 60 % des professionnels interrogés constatent désormais une baisse des prix, contre 52 % lors de la précédente consultation.
Dans ce marché plus sélectif, le niveau de prix pèse directement sur la capacité d’un bien à déclencher des visites puis une offre. Florence Barbou, négociatrice au sein de la Selas Jonquet, Chaton et de Clarens-Jonquet à Troyes (10), le constate :
« Les produits bien placés, en bon état et correctement évalués trouvent encore acquéreur. En revanche, les biens avec travaux, DPE médiocre, charges importantes, absence d'extérieur/garage ou prix trop ambitieux peuvent rester longtemps sur le marché. »
Elle ajoute :
« Pour un vendeur, je déconseillerais clairement la stratégie consistant à mettre un peu plus cher pour tester le marché. Un tarif trop haut au départ risque davantage de faire vieillir l'annonce que de provoquer une négociation. »
Cette situation redonne tout son poids à l’estimation lors de la prise de mandat. Le négociateur doit pouvoir objectiver le prix proposé, expliquer les écarts avec les attentes du vendeur et replacer le bien face à la concurrence locale.
Un mandat rentré trop haut risque rapidement de perdre l’effet de nouveauté. Les semaines passent, les acquéreurs déjà présents sur le marché identifient le bien et une baisse ultérieure n’efface pas toujours cette première impression. La pédagogie sur le juste prix commence donc dès le premier rendez-vous avec le vendeur.
49 % des notaires interrogés constatent une baisse d’activité entre juin et août et seuls 16 % observent une reprise des transactions. Les acquéreurs encore présents sont décrits comme moins nombreux, sérieux et particulièrement attentifs aux caractéristiques des biens.
Après des mois de mai et juin parfois encourageants, l’activité s’est tassée pendant l’été. Lors de la précédente consultation, 26 % des offices observaient encore une dynamique positive. Ils ne sont plus que 16 % sur la période de juin à août.
Valérie Malon, négociatrice au sein de Malon et Cherrier-Touchain à Tavers (45), décrit une situation « très morose, avec peu de demandes de visites ». Un autre professionnel évoque des acquéreurs « beaucoup moins nombreux, mais sérieux », qui se montrent néanmoins « très pointilleux ».
Pour les services de négociation, chaque contact mérite donc d’être qualifié avec précision. Budget, apport, avancement du financement, calendrier, mobilité professionnelle, contraintes familiales ou critères réellement indispensables donnent rapidement une idée de la maturité du projet.
Cette qualification évite aussi de multiplier les visites sur des biens qui ne correspondent pas réellement aux possibilités de l’acquéreur. Dans un contexte où le volume de demandes diminue, le temps consacré à chaque dossier compte davantage.
L’activité reste toutefois soutenue dans certains secteurs. Sébastien Gaska, négociateur au sein d’ACP Notaires à Beaumont-sur-Sarthe (72), observe une activité dynamique chez les primo-accédants et sur les biens attractifs en termes de prix.
Le suivi du portefeuille acquéreurs devient ainsi un indicateur précieux : quels budgets sont réellement actifs ? Quels types de biens déclenchent encore des demandes ? À partir de quel niveau de prix les visites disparaissent-elles ? Ces informations peuvent ensuite nourrir l’argumentaire présenté aux vendeurs.
88 % des notaires interrogés recommandent de vendre avant d’acheter. Seulement 5 % conseillent d’acheter en premier et 7 % privilégient l’attente, dans un marché où délais de vente et financement restent difficiles à anticiper.
La recommandation est particulièrement nette. Pour 88 % des professionnels interrogés, la vente du premier logement doit être sécurisée avant de s’engager dans une nouvelle acquisition. L’achat en première intention ne recueille que 5 % des réponses et l’attente 7 %.
Pour le client, cette chronologie permet de connaître le produit réel de la vente et de bâtir son nouveau budget avec davantage de visibilité. Elle limite aussi le risque d’avoir à accepter une négociation précipitée sur le premier bien pour tenir le calendrier du second.
Pour une étude disposant d’un service de négociation, les deux opérations sont souvent liées. Le vendeur accompagné aujourd’hui recherche parfois déjà son prochain logement. Prix de cession, date de disponibilité, financement et calendrier des signatures doivent alors s’articuler au sein d’un même projet.
Cette vision d’ensemble prend d’autant plus d’importance que le crédit reste contraignant. Le taux moyen se situe autour de 3,30 % d’après l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Une nouvelle hausse réduirait encore la capacité d’emprunt d’une partie des ménages.
La question du financement gagne donc à être abordée dès les premiers échanges. Elle conditionne le budget du futur achat, mais aussi la marge de manœuvre dont dispose le vendeur sur son propre prix de cession.
56 % des notaires interrogés prévoient une stabilité des volumes de transactions à l’automne, contre 37 % qui anticipent une baisse et 7 % une hausse. Côté prix, 54 % tablent sur une stabilisation et 46 % sur une nouvelle baisse.
Les perspectives ne dessinent pas de mouvement marqué pour les prochains mois. 56 % des répondants prévoient des volumes de transactions stables. La proportion de ceux qui anticipent encore une baisse atteint 37 %, contre 35 % lors de la précédente consultation. Seuls 7 % envisagent une hausse.
Sur les prix, le scénario de stabilisation gagne du terrain. 54 % des notaires l’envisagent désormais, contre 44 % au printemps. Les 46 % restants prévoient encore une baisse.
Me Pierre Laporte, notaire à Épinal (88), résume cette difficulté à dégager une direction nette : « la dynamique très variable ne permet pas d’envisager de réelle tendance de croissance ou de baisse ».
Cette moyenne recouvre des marchés locaux très différents. Pour un service immobilier, l’évolution du nombre de demandes, du délai de commercialisation, des offres reçues et de l’écart entre prix affiché et prix signé donne une lecture plus directement exploitable pour ajuster les mandats en cours.
Les terrains affichent par exemple des perspectives un peu plus favorables, avec 66 % des répondants qui anticipent une stabilité des prix et 34 % une baisse. Les terrains correspondant à des projets compris autour de 120 000 à 150 000 € continuent notamment d’intéresser certains primo-accédants souhaitant faire construire, lorsque leur financement et le recours au prêt à taux zéro le permettent.
La rentrée 2026 place les services de négociation face à des acquéreurs plus sélectifs, des vendeurs qui doivent ajuster leurs attentes et des financements qui restent sous surveillance.
Dans ce contexte, l’estimation, la connaissance du marché local, la qualification des projets et le suivi du parcours vente-acquisition prennent une place centrale. Ce sont aussi des moments où le négociateur notarial dispose de nombreux éléments pour apporter de la lisibilité au client et l’aider à prendre ses décisions.
La qualité de la commercialisation se joue ainsi très en amont de l’annonce : au moment de déterminer un prix réaliste, de comprendre le projet de l’acquéreur et d’anticiper les conditions nécessaires à la réalisation de la transaction.
Pour retrouver l’ensemble des résultats et la lecture grand public de cette Tendance du marché immobilier, consultez la dernière TMI publiée sur Immonot.

