Raffaillac Christophe
17.07.2026

C'est aujourd'hui qu'il faut se lancer dans la négociation : la conviction de Stéphanie Demany, GNN Sud-Ouest

C'est aujourd'hui qu'il faut se lancer dans la négociation : la conviction de Stéphanie Demany, GNN Sud-Ouest
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Coordinatrice du groupement notarial de négociation du Sud-Ouest, Stéphanie Demany accompagne au quotidien les études de Gironde, des Landes, de Dordogne, de Charente et de Charente-Maritime dans le développement de leur activité de négociation immobilière. À l'occasion de l'AG annuelle du groupement, elle s'appuie sur un audit du cabinet EY portant sur 1 500 études pour dire ce qu'elle observe sur le terrain : les notaires qui attendent perdent du temps qu'ils ne rattrapent pas.

Ce qu'il faut retenir

  • Le cabinet EY a audité plus de 1 500 études notariales et 350 services de négociation en France : quand le notaire chiffre réellement ce qu'apportent les agences, le résultat est souvent décevant au regard de ce qu'il peut gagner en négociant lui-même.
  • Même une étude avec un seul salarié peut lancer un service de négociation - c'est une question de casting, pas de taille.
  • La négociation, c'est aussi de la visibilité : panneaux, annonces, présence locale - autant de leviers de communication que l'instrumentaire seul ne permet pas.
  • La délégation de mandat avec un confrère est une première étape accessible, avant de structurer son propre service.
  • Un service de négociation qui fonctionne repose sur un binôme solide notaire-négociateur, et sur des partenariats tissés avec les confrères et les apporteurs d'affaires.

Vous organisez aujourd'hui une journée de formation et de cohésion pour les notaires du groupement. Quel message central souhaitiez-vous faire passer ?

« Ce qu'il faut retenir, c'est que c'est aujourd'hui qu'il faut se lancer dans la négociation. Ça sera trop tard ensuite. Il y a énormément de notaires qui s'y mettent, même des toutes petites études. J'ai l'exemple du notaire avec un salarié qui vient d'embaucher une négociatrice.

C'est vraiment un ambassadeur. C'est par la négociation qu'on peut faire de la communication, de la publicité au travers des petites annonces. C'est au travers de la négociation qu'on peut mettre des panneaux à vente sur les maisons. Évidemment que ça joue énormément en faveur de la visibilité d'une étude sur son secteur.

Et surtout, il ne faut plus avoir peur des apporteurs d'affaires que sont les agences. Combien vos agences préférées vous apportent de rémunération chaque année ? C'est un vrai calcul à faire. Au travers de l'audit fait par le cabinet EY - qui a audité plus de 1 500 études en France et 350 services de négociation - on s'aperçoit que quand le notaire chiffre réellement ce qu'apporte une agence immobilière, finalement, c'est peu au regard de ce qu'il peut gagner en faisant lui-même de la négociation.

On peut commencer par la délégation de mandat et faire un partage d'honoraires avec un confrère, mais très vite on s'aperçoit qu'avec de petits moyens, on peut commencer à faire de la négociation. C'est oui, c'est le moment. Il ne faut pas tergiverser, il faut y aller, il faut oser. »

Qu'est-ce qui fait que la recette fonctionne particulièrement bien en Gironde ?

« On a eu beaucoup de nouvelles recrues, de nouveaux négociateurs immobiliers. C'est un bon casting. Il faut absolument choisir son négociateur - un négociateur de qualité, qui a une vraie fibre commerciale et avec lequel on s'entend suffisamment bien. On forme vraiment un binôme notaire-négociateur. C'est comme ça que le service de négociation est alimenté et fonctionne bien.

La deuxième chose : lier des partenariats. Il y a beaucoup de choses à mettre en place avec les agents immobiliers, les apporteurs d'affaires, avec les confrères qui entourent l'étude. Du travail à faire collectivement. »

Un conseil pour des notaires qui hésiteraient aujourd'hui ?

« Qu'ils osent contacter le groupement notarial de négociation du Sud-Ouest. On a tout un tas de kits à leur proposer pour comprendre ce que c'est que la délégation de mandat, pour créer un service de négociation, et venir sur place pour les aider concrètement - les faire s'immerger dans un service de négociation qui fonctionne bien. Il y a tout un tas de propositions et beaucoup d'échanges très fructueux. »

L'audit évoqué par Stéphanie Demany invite les études notariales à mesurer plus précisément ce que leur rapportent réellement leurs apporteurs d'affaires, et à comparer ce résultat avec le potentiel d'un service de négociation structuré. Mais ce que l'interview dit aussi, en filigrane, c'est qu'on n'a pas besoin de tout construire seul. Kits de démarrage, immersion dans un service qui fonctionne, accompagnement au lancement : le groupement a précisément conçu ces ressources pour que le premier pas soit le moins risqué possible.

À lire aussi : l'interview de Guillaume Latournerie, président du GNN Sud-Ouest, et notre analyse Pourquoi la négociation notariale est le levier de développement que les études ne peuvent plus ignorer.

Raffaillac Christophe
Rédacteur en chef
Économiste de formation, Christophe Raffaillac pilote la ligne éditoriale des magazines Notaires et Immonot au sein de Notariat Services. Spécialiste du marché immobilier et des enjeux de transition énergétique du logement, il nourrit ses analyses d'échanges réguliers avec des notaires, experts et acteurs du secteur. Ses articles sur le blog Solutions abordent les dynamiques du marché, la négociation notariale et les mutations de l'habitat avec un regard à la fois rigoureux et accessible.
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